Béatrice Brérot
écrire
la suite infinie des mondes est dans le colimaçon
de(dans) la terre à vénus
les gens disent
De Sisco à San Francisco
- bbrerot@voila.fr -
cosmencements
un beau texte qui fait suite à quelques années et un laps…
qui prolonge le plaisir des mots d’andré et des encres profondes de françoise…
18 et 18 pages
= texte + encres
= 38 pages avec les autres pages
textes sur calque 130/150 g et encres sur papier vieilli 130 g
couverture sérigraphiée sur carton simple blanc/gris
papier récup ou circuit secondes mains
édité par Laps/le suc et l'absynthe (http://www.sucabsynthe.net/)
dernière parution

texte souffle
texte voix
texte rythme
béatrice brérot
musique
sylvain santelli
gregory moore
04 75 59 69 54
bbrerot@voila.fr
pour écouter un extrait, rendez-vous sur :
www.fallrecordings.com/sons/sisco.mp3
1
les chemins se parlent parfois en creux parfois en croix en bref ou bien encore
ou dans un livre
de l’intérieur des pages
quelqu’un s’est échappée
2
détachée quelques pas je
respire derrière toi je
respire devant moi je
respire dedans l’ivre comme toi qui trace sans foyer seule ta présence au monde
je ne suis jamais vraiment là
les vides se nomment
comme les doigts laissent des traces
sur les carreaux
3
le visible s’appuie sur le vide
4
les chemins pris n’ont rien de visible
ils apparaissent sur les bords de l’esprit et disparaissent dans ses brèches
s’évanouissent
quand le jour craque le clic-clac d’un stylo n’allume pas la lumière
la nuit dévore tous les ulcères
amplifie les sons et la respiration
5
le vide se vit
6
les brèches de l’esprit
d’abord infimes puis infinies avec le corps grandissent
l’humus où nous marchons est un tapis d’étoiles où nous grandissons
7
le vide se vide
8
le vide se vide où nous marchons se vide le tapis d’étoiles
se vide où nous marchons ouvre les brèches ouvre
les brèches de l’esprit grandit
ce vide et vient va où nous allons
9
se vit ce vide
10
se vit ce vide où nous allons amplifié par les sons et la respiration la respiration
la respiration
la respiration
11
quand le jour craque la respiration
le jour craque la respiration
respirent les bords de l’esprit sur les brèches
12
invisibles les chemins s’ennuient du vide
le vide s’ennuie du visible
le vide s’ennuie et se retourne sur lui-même
13
se retournent les jupons du visible
les jupons à carreaux sales les doigts
les doigts sales retournent les jupons
les doigts sentent sous les jupons
les doigts sentent sous les jupons
les jupons ont quelque chose du mouvement de la peau au moment d’un sourire
14
le mouvement de la peau je respire sous les jupons
je respire sous les jupons
je respire
les brèches de l’esprit
d’abord infimes puis infinies avec le corps grandissent
ce qui était fort faiblit et la fragilité se caramélise
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ici h é g é m o n i e d e l a m a t i è r e
matière béton volume béton béton en élévation
armé béton coulé régularité et homogénéité
parfaites du béton pour évitertoutbouchondanslapompe
b é t o n a r c h i t e c t o n i q u e préfabriqué mètres
cubes de béton béton compacté béton volume
cubes blocs volumes duplication accumulation
accumulation cubes cages à poules clapiers blocs
cubes clapiers d i m e n s i o n s b é t o n
habitations dans b é t o n e n é l é v a t i o n a r m é
béton économique cubes empilés alignés alignés murs
mètres cubes et volumes de béton sols plage de béton
épaisseur solidité chape de béton plafonds poutres et
structures béton étendue masse duplication hauteur
niveau béton masse compacte pesante et solide quantité
de béton du sol au plafond quantité mètres linéaires
cases casiers produits alignés mètres linéaires rangs
rangées produits de grande consommation accumulation
cubes volumes alignés empilés espaces quadrillés
divisés rectangularisés superposés produits
conditionnés cages à poules blocs cubes volumes
matière béton
matière béton coulée ici en un point particulier du
cosmos
où la lumière dense coagule se fige se solidifie et
s’immobilise en l’espace crée l’illusion l’éternité
ici
et là a r b o r e s c e n c e d u v i d e
à l’oblique lumière et ombre intriquées dévoile l’invisible
la pierre réfléchit absorbe s’évide
s’interstice le papier s’avale s’intervalle
à l’oblique s’inversent les objets
fission du visible ramification de l’invisible
objets cellules excroissances de la vacuité
à l’oblique
à l’oblique
le vide bouge crée trace troue creuse se déplace
tisse se dévoile en lisière en surface
les objets avalés s’alvéolent
les objets absorbés évidés les objets effacés
affleurent le vide d’où ses rebords se plient se déplient
se déploient
et dans le même temps
le vide avale et renvoie dans toutes les directions à la fois
diffraction flux et reflets cristallographiques
dans le même temps
objets et cellules affleurent ailleurs
mouvements passage des corps en bords rebords ou
débords
passage à l’oblique
univers superposés traversés de cellules vivantes
fossilisées
intriquées là où
agrégats de planètes
épures excroissantes embryonnaires tracées là où
s’ouvrent en lieux et instants simultanément
les mondes croisés
Terre pendiculaire à la pluralité des mondes berceau
intercalaire transmué en caverne cathodique immeubles
tours accumulation de cellules cathodiques fenêtres-télés
écrans plasma coulés dans boîtes crâniennes
cerveaux-télés téléguidés fabrication du goût témoin
désir fabriqué pour retour sur investissement
pub publicités sports clips politiques sexe météo
magazines faits divers chorégraphies télévisées sexe
distribution de masses des produits acheter acheter bouche
seins fesses siliconés femmes hommes chosifiés plastifiés
appauvrissement du désir humanoïde et sa représentation
images AOC reflet de ce nombril hypnotique
porté devant quand s’ouvre à l’envers de là
Terre
Terminal Numérique Terrestre
globe monoculaire terrestre
h é g é m o n i e d e l ’ e s p r i t ici
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Patrick Dubost a réagit sur Sisco (texte dédicacé à Claude Simonet)
De : |
"dubost.patrick" <patrick.dubost@?????.fr> | Ajouter à mon répertoire |
|
A : |
"B=?ISO-8859-1?B?6Q==?=atrice BREROT" <bbrerot@voila.fr> | ||
Date : |
03/09/06 à11h21 |
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Objet : |
hello | Voir l'en-tête complet |
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je viens de lire et entendre de sisco à san francisco belle énergie rythme, voix, climat tout est là bravo et à bientôt amicalement, patrick |

Ci-dessous, un extrait de Sisco (pour un extrait sonore cliquer là)
Après là-bas
Alors j’étais nuit
tourna l'ennui
au vinaigre la vie
la réalité dure
et sous son voile
s'envole
s'envole
s'avale l'euphorie
démolis les agneaux
des abus poudreux
de la chair délicieuse
et de nos orgueilleux
Une nuit
la piaule balayée de lumière
Clara belle comme je l'aimais dans son sommeil
et j'ai trop dormi
Au matin
elle était partie
alors j’étais figé
effigie du froid
j’étais défoncé à mort
Elle est partie
Mon frère, mon ami
écoute
la turbine à l'envers
et l'univers
retourne le
et la terre
Mon frère, mon ami
mon ange archange de la mort
qui tant peine
nous essuyons
tant et tant d'échecs
et la vie même
nous volons
à nous-mêmes
ma queue fuit
j'essuie le sperme
ma queue fuit
je me caresse
et je fuis
vole
et ma chair fuit
mon corps
et mon cœur arraché
Nous nagions
nous ne dansons
ni ne flottons plus
maintenant c’est arrivé
et au-dessus des ruisseaux
les eaux se sont retirées
nos rêves meurent
écoute, écoute !
la plainte serrée dans mon cœur
la terre est creuse
et remplit de douleur
écoute la
décortiquer mon corps
elle me chevauche
comme la mort
elle me chevauche
comme la mort
ma queue fuit
je jouis
et dans les bruyères
mon sperme
dans les bruyères
je retourne la matrice
je retourne l'univers, l'alvéole
et me demande si
la terre où je me tiens et marche
la terre n'est pas un œuf
la terre mon ami mon frère
entière est un œuf
tandis qu'en un mouvement
la galaxie _______
et Clara
dans le noir étoilé
dans le ciel ses pupilles
son œil posé
dans ma boîte crânienne
et tout contre
ma tête mouillée
il y a
sa chevelure argentée
Entre Thanatos
entre faiseuse d’ange
je rêve mort
un animal-totem sur les parois de
ma tombe vaginale
ma vie ensevelie
et celle d'Angel aussi
première sensation de la vie agonie
et rien ne peut plus l'effacer
déchus
des anges ou des âmes
mais pas des hommes
finis
des bouts de vie de mort
des bouts
rien vraiment rien
et pourtant nous avons tout vu
car à peine nés
nous étions déjà morts
et c'est ainsi
lâchés dans les rues
jusqu'à Narbonne Pampelune Lisbonne
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quand le jour décroche
la matière tombe
l’univers grandit
la nuit c’est du lait qui frémit
(plaines)
invasion underworld
dans le globe
à la seconde près
mes pupilles dilatent
vos lèvres infantes
j’ai l’itinérance au cœur
et le cœur à tous vents
invasion sexuelle
j’ai le sexe multiple
je suis homo
et stéréo
enseveli dans les chairs
mon bulbe rachidien
enfle, pousse et porte
orgasme galopant
porte les feuilles
et mon cœur (encore)
et mon sexe
est une fleur pentatonique
la nuit
c’est du lait qui frémit
plaines
une nuit
sous la lumière à peine
j'ai papillonné
j’ai bousculé
bousculé
basculé
les miroirs
à ton parfum
j’ai bouleversé
ton regard
au tien
j’ai renversé
de l’autre côté
la nuit frôlait
ta peau
et j’y ai bu son lait
sous la lumière à peine
peu à peu
nudité sans script
de ton corps majuscule
j’ai fumé
fumé de toi
les arômes les odeurs
ondulé tes lèvres
sur mes lèvres
et les miennes
sur la soie de ton corps
j’ai longé
ton désir
et ton corps
sa plume
allongé près du mien
je suis un être en chemin
corpuscules entre les mondes
particules
particules
en chemin
vers toi
envisagée de mondes ouverts
j’ai marché
marché
comme on marche vers la mer
en chemin
vers toi
au bord des crêtes
la mer
où la lumière plonge ses franges
et se caracorollent l’univers
j’ai marché
mouvement
mouvement
pour entrer dans l’amour
comme on nage dans le vent
mouvement
mouvement
pour marcher sur l’océan
s’y glisser et devenir dedans
mouvement
marcher
marcher
dessus
dedans
dedans
la planète
ses volumes
marcher
marcher
dessus
dedans
dedans le monde
ses molécules
molécule
poussière
plonger
nager
rêver
rêver le monde
j’ai rêvé le monde je crois
et ce jour qui se levait avec toi
dans la pâleur astrale quand l’aube aura recouvert ce matin nouveau nous renaîtrons phœnix nous marcherons sur des cailloux ronds et noirs où couve la brûlure du soleil et ses particules de poussière infiltrées dans nos cadavres ressuscités tailladeront encore nos vieilles peaux douces au cœur de pachyderme et chacun de nos yeux et chacune de nos mains Alors nous ne verrons ni ne toucherons plus de nos corps follement troubles et fluides la langueur extrême des nuits charnelles incroyablement nues jusqu’au point du jour
jusqu’au point du jour nous remonterons ces corps à corps mouvants éperdus nous naviguerons aveugles entre les glaces polaires et chacun de nos yeux pleurera l’éclat des étoiles taillé autrefois comme diamant dans l’âme amante car meurent les oiseaux même éternels En toute direction nous naviguerons vers la verte lune et la brillance des rochers gelés au-dessus de l’écume et des bruyères en-dessous de la vive clarté bientôt nous quitterons la nuit laiteuse
nous nous laisserons
engloutir par les flots
et n’émergerons plus
car la mort a son empire
englouties par les flots
n’émergerons plus
que la dernière
lueur sidérale
de nos corps troubles et fluides
car s’éteignent les amours
dans la mort et son empire
marcher
marcher
aller jusqu’à toi
en caressant le vent
et retour
plus que jamais debout
pour ne ployer
qu’au bas de ton ventre
aller retour
jusqu’à toi
en longeant les côtes
ivoires des reliefs
et les couleurs
des fonds marins
sans y plonger
aller retour
du monde
en planisphère
sans voyages
ni autres paysages
et rien d’autres
qu’écorcher le désir
dans l’écorce du souvenir
le sexe au fond
le sexe au fond de mon cœur
sonne sonne sonne
le sexe au fond
le sexe au fond de mon cœur
sonne sonne sonne
